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Malfaçons de construction au Mali : quels recours contre votre entrepreneur ?

Malfaçons de construction au Mali : quels recours contre votre entrepreneur ?

Malfaçons de construction au Mali : quels recours contre votre entrepreneur ?

Vous avez fait construire votre maison à Bamako, le chantier est terminé — et quelques mois plus tard, des fissures apparaissent au plafond, une terrasse prend l’eau à chaque pluie, ou une dalle sonne creux sous les pas. La question n’est plus « qui achète quoi » comme dans une vente classique, mais « qui a construit ça, et que peut-on exiger de lui ? ». Voici les recours d’un maître d’ouvrage face à un entrepreneur, quand le chantier qu’il a commandé présente des malfaçons.

Le moment décisif : la réception des travaux

Repères clés : réception, réserves et solde en cas de malfaçon de construction au Mali

La réception des travaux est le moment où le maître d’ouvrage (vous, le client) accepte formellement le chantier livré par l’entrepreneur. C’est l’étape la plus importante de toute la relation contractuelle, et pourtant la plus souvent bâclée : on inspecte vite, on est pressé d’emménager, on signe sans vraiment regarder.

À ce stade, tout défaut visible doit être consigné par écrit dans un procès-verbal de réception, sous forme de réserves précises (nature du défaut, localisation, délai accordé à l’entrepreneur pour le corriger). Un défaut visible non mentionné aux réserves devient très difficile à faire valoir ensuite — l’entrepreneur pourra toujours prétendre que vous l’avez accepté en connaissance de cause.

Malfaçon apparente ou malfaçon cachée : la différence compte

Une malfaçon apparente — un carrelage mal posé, une peinture bâclée, une porte qui ferme mal — doit être signalée à la réception, sous peine d’être considérée comme acceptée. Une malfaçon cachée — une fissure structurelle qui apparaît après quelques mois, un dosage de béton insuffisant révélé par un affaissement, une étanchéité défaillante qui ne se voit qu’à la première grosse pluie — reste contestable après la réception, précisément parce qu’elle ne pouvait pas être détectée à l’œil nu au moment de la livraison.

Dans les deux cas, la règle est la même : plus vous documentez et réagissez vite, plus votre position est solide.

Les recours face à une malfaçon

Les 4 étapes de recours contre un entrepreneur pour malfaçon de construction au Mali

Face à un défaut constaté, quatre étapes structurent la démarche. D’abord, constater et documenter : photos datées, description précise du problème, dès son apparition. Ensuite, faire expertiser le défaut par un professionnel indépendant — ingénieur, technicien du bâtiment — dont le rapport établira la gravité et, si possible, l’origine du défaut. Puis, mettre en demeure l’entrepreneur par écrit, en lui laissant un délai raisonnable pour reprendre les travaux à ses frais. Enfin, si rien ne bouge, recourir : retenue sur le solde encore dû à l’entrepreneur si le contrat le permet, puis conciliation ou tribunal compétent en dernier ressort.

Le solde du marché reste, à ce titre, le meilleur levier de négociation : tant qu’il n’est pas intégralement versé, l’entrepreneur a un intérêt direct à revenir corriger ce qui ne va pas.

Ce que doit prévoir le contrat de construction

Beaucoup de litiges naissent d’un contrat trop vague, voire inexistant. Trois clauses méritent une attention particulière avant le début du chantier : une clause de réception contradictoire, qui organise formellement la visite de fin de chantier et la rédaction du procès-verbal de réserves ; une clause de garantie, qui engage l’entrepreneur à reprendre à ses frais les malfaçons constatées dans un délai suivant la réception ; et une clause de pénalités de retard, qui donne un levier concret si le chantier traîne au-delà du délai convenu.

Se protéger pendant le chantier

La meilleure protection reste préventive. Vérifiez les références de l’entrepreneur avant de signer — d’anciens chantiers que vous pouvez aller voir valent mieux qu’un devis attractif sur le papier. Privilégiez un paiement échelonné par étape de chantier plutôt qu’un règlement intégral d’avance : chaque tranche versée doit correspondre à un niveau d’avancement réellement constaté, jamais à une simple date du calendrier. Faites un suivi photographique régulier du chantier, en particulier des éléments qui seront ensuite invisibles une fois recouverts (fondations, ferraillage, canalisations encastrées) — c’est souvent la seule preuve disponible en cas de malfaçon structurelle découverte plus tard.

Si l’entrepreneur refuse ou a disparu

Documents et preuves à réunir en cas de malfaçon de construction au Mali

Quand la mise en demeure reste sans réponse, ou que l’entrepreneur a purement et simplement disparu, le maître d’ouvrage peut faire réaliser les reprises par un autre professionnel et en réclamer le coût, ou porter l’affaire devant le tribunal compétent avec un dossier solide : contrat signé, procès-verbal de réception avec réserves, photos datées, rapport d’expertise. C’est précisément la solidité de ce dossier documentaire, réuni dès le premier signe de malfaçon, qui détermine l’issue du recours.

Questions fréquentes

Puis-je refuser de payer le solde tant que les réserves ne sont pas levées ?

C’est en général la logique la plus protectrice pour le maître d’ouvrage, à condition que cela soit prévu ou compatible avec les termes du contrat signé : conservez une partie du solde comme levier tant que les réserves consignées à la réception ne sont pas corrigées.

Une malfaçon découverte deux ans après la construction est-elle encore contestable ?

Cela dépend de sa nature : une malfaçon réellement cachée, qui n’aurait pas pu être détectée à la réception, reste contestable au-delà, mais plus le délai s’allonge, plus il devient difficile de prouver que le défaut existait bien dès la construction et n’est pas apparu pour une autre raison.

Faut-il obligatoirement un expert du bâtiment avant d’agir contre l’entrepreneur ?

Ce n’est pas une obligation légale stricte, mais un rapport d’expertise indépendant est en pratique la pièce la plus solide de votre dossier : sans lui, il est difficile de faire la différence entre une malfaçon avérée et un simple désaccord d’appréciation.

L’entrepreneur peut-il se dédouaner en invoquant un défaut de matériaux ?

Cela peut atténuer sa responsabilité s’il démontre avoir alerté le maître d’ouvrage sur la qualité des matériaux imposés, mais un entrepreneur reste en principe responsable de la bonne mise en œuvre des matériaux qu’il a accepté d’utiliser.

Que faire si le contrat de construction n’était pas écrit ?

L’absence d’écrit ne prive pas totalement le maître d’ouvrage de recours, mais elle complique considérablement la preuve du prix convenu, des délais et des prestations attendues — d’où l’intérêt de toujours formaliser un contrat avant le début d’un chantier, même modeste.

Peut-on faire reprendre les travaux par un autre entrepreneur et facturer le premier ?

C’est une option envisageable en cas de refus persistant, à condition d’avoir suivi les étapes précédentes (mise en demeure, délai raisonnable laissé) et de conserver tous les justificatifs de coût pour appuyer une éventuelle réclamation.

Cet article donne une information générale sur les recours face à une malfaçon de construction et ne remplace pas une consultation juridique. Pour un dossier en cours, rapprochez-vous d’un avocat, d’un ingénieur du bâtiment ou d’un administrateur de biens agréé.

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