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Démolitions sur l’axe Banconi–Nonsombougou : vérifier qu’un terrain n’est pas dans une emprise

Démolitions sur l’axe Banconi–Nonsombougou : vérifier qu’un terrain n’est pas dans une emprise

Démolitions sur l’axe Banconi–Nonsombougou : vérifier qu’un terrain n’est pas dans une emprise

Le 23 juillet 2026, les démolitions ont commencé sur le tracé de la future route Banconi–Dialakorodji–Safo–Dabani–Nonsombougou. 573 habitations ont été recensées dans l’emprise du projet. Pour ceux qui y vivaient, la question ne se pose plus. Pour tous les autres — et surtout pour qui s’apprête à acheter un terrain en périphérie de Bamako — elle se pose maintenant, et une seule fois : ce terrain est-il, ou non, dans le tracé d’un projet public ?

Voici comment le vérifier avant de payer, et ce qui se passe concrètement quand la réponse est oui.

Ce que dit le chantier Banconi–Nonsombougou

L’opération n’est pas partie de rien. Une Commission nationale d’indemnisation a recensé les occupants, puis engagé la négociation avec eux. Au démarrage des démolitions, 430 propriétaires avaient signé leur procès-verbal d’entente, 144 avaient effectivement perçu leur compensation, et le montant déjà versé dépassait un milliard de francs CFA. Les propriétaires restants ont été invités à se rapprocher des services compétents pour finaliser leur dossier.

573 habitations recensées, 430 procès-verbaux d'entente et 144 propriétaires indemnisés sur l'axe Banconi-Nonsombougou

Retenez surtout l’ordre des opérations : recensement, entente, indemnisation, démolition. Un propriétaire correctement identifié et présent dans la procédure n’est pas démoli sans contrepartie. Celui qui a acheté un papier sans valeur, en revanche, découvre au moment du recensement qu’il n’est propriétaire de rien — et n’a donc rien à faire valoir.

Emprise, servitude, expropriation : de quoi parle-t-on ?

Trois mots reviennent, et ils ne veulent pas dire la même chose.

  • L’emprise est la bande de terrain que le projet va réellement occuper : la chaussée, mais aussi les accotements, les caniveaux et les ouvrages annexes. Elle est toujours plus large que la route qu’on imagine.
  • La servitude de voie est la marge non constructible qui borde le domaine public routier. Un terrain peut être hors emprise mais grevé d’une servitude : on n’y démolit pas, mais on n’y construit pas librement non plus.
  • L’expropriation pour cause d’utilité publique est la procédure par laquelle l’État reprend un bien privé pour réaliser un ouvrage, contre indemnisation.

Un vendeur pressé vous dira que sa parcelle « n’est pas concernée ». Ce n’est pas à lui d’en décider, et ce n’est pas non plus une question d’opinion : c’est un fait vérifiable auprès des services publics.

Comment vérifier avant d’acheter

La vérification tient en cinq gestes, tous réalisables avant de verser le moindre acompte.

Cinq étapes pour vérifier qu'un terrain à Bamako n'est pas situé dans l'emprise d'un projet routier

Deux d’entre eux méritent d’être détaillés. D’abord, le statut foncier prime sur tout le reste : depuis la réforme domaniale, le titre foncier est le seul acte de propriété reconnu au Mali. Une lettre d’attribution, un permis d’occuper ou une attestation ne vous donneront pas la qualité de propriétaire au moment de l’indemnisation — et c’est précisément là que la différence se paie. Si les statuts ne sont pas clairs pour vous, notre guide sur ce que vaut réellement chaque document foncier fait le tri.

Ensuite, le terrain parle. Une commission de recensement laisse des traces : marques de peinture sur les murs et les arbres, numéros peints, piquets, parfois un affichage en mairie. Ces signes sont visibles pour qui prend le temps de faire le tour de la parcelle et de la rue — et ils disparaissent rarement d’eux-mêmes. Un mur fraîchement repeint sur une parcelle par ailleurs négligée est, à lui seul, une question à poser.

Ce qui rassure, ce qui doit alerter

À la visite, quelques signaux permettent de trancher vite.

Signaux rassurants et signaux d'alerte avant d'acheter un terrain en périphérie de Bamako

Le plus fiable de tous reste le prix. Un terrain nettement moins cher que le marché du secteur n’est presque jamais une bonne affaire : c’est une information. Soit le titre est fragile, soit la parcelle est exposée — à une emprise, à une inondation, à un litige. Les montages qui exploitent cette impatience sont détaillés dans notre article sur les signaux d’alerte des arnaques immobilières au Mali.

Et si mon terrain est déjà dans l’emprise ?

Tout dépend de votre situation dans la procédure. Si vous êtes recensé et que votre dossier est complet, votre interlocuteur est la commission d’indemnisation : c’est auprès d’elle que se signe le procès-verbal d’entente qui déclenche le paiement. Sur le chantier Banconi–Nonsombougou, les autorités ont explicitement invité les propriétaires restants à se rapprocher des services compétents plutôt qu’à attendre.

Trois réflexes valent d’être adoptés sans tarder :

  • Rassembler ses preuves : titre ou document d’origine, quittances, photos datées de la construction et de son état actuel.
  • Faire constater l’existant avant la démolition, par un professionnel si l’enjeu le justifie : une fois le bâtiment à terre, plus rien ne se prouve.
  • Ne rien signer sous pression, en particulier un renoncement présenté comme une simple formalité administrative.

Enfin, un point trop souvent négligé : tout ce qui est démontable a une valeur. Tôles, portes, fenêtres, portail, climatiseurs, sanitaires, panneaux solaires — déposés proprement et revendus avant les travaux, ils représentent une somme qui n’est pas symbolique. Une démolition annoncée laisse le temps de s’organiser ; une démolition subie ne le laisse pas.

Questions fréquentes

Un titre foncier protège-t-il contre une démolition ?

Il ne bloque pas un projet d’utilité publique, mais il change tout sur le plan financier : c’est lui qui établit votre qualité de propriétaire et ouvre droit à l’indemnisation. Sans titre, vous êtes traité comme un occupant, avec des droits nettement plus faibles.

Comment savoir si une parcelle est frappée d’une servitude de voie ?

En interrogeant le service de l’urbanisme compétent sur la localité, avant l’achat. C’est une démarche gratuite ou peu coûteuse, sans commune mesure avec le prix d’un terrain inconstructible.

Le vendeur doit-il m’informer qu’un projet routier est prévu ?

Il est censé vous informer de ce qu’il sait, mais ne comptez pas dessus : la vérification vous appartient. Un vendeur qui refuse d’accompagner la démarche auprès des services publics vous a déjà répondu.

Faut-il éviter d’acheter en périphérie à cause de ces projets ?

Non. Les grands axes valorisent durablement les terrains qui les bordent sans être dans l’emprise. Le sujet n’est pas d’éviter la périphérie, mais de savoir exactement où passe la limite.

Ce qu’il faut retenir

Un projet routier ne surgit jamais du jour au lendemain : il se recense, se négocie et s’indemnise avant de se démolir. Ce qui surprend les acheteurs, ce n’est pas le bulldozer — c’est de découvrir trop tard qu’ils avaient acheté un papier, pas une propriété. Une heure passée au service de l’urbanisme et un titre foncier vérifié au livre foncier valent tous les arguments d’un vendeur pressé.

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